
Si un arrondissement incarne plus que les autres la riche histoire industrielle de Lyon, c’est bien la Croix-Rousse ! Située au nord de la ville, entre le 1er arrondissement et la commune voisine de Caluire-et-Cuire, la Croix-Rousse domine Lyon depuis la colline qui porte son nom. Ce quartier autrefois occupé par des congrégations religieuses, devient le fief des Canuts après la Révolution Française, ces tisserands qui firent de Lyon la capitale de la soie et la première ville ouvrière de France au début du XIXe siècle. C’est à cette époque que la Croix-Rousse doit son surnom de « colline qui travaille », par opposition à Fourvière, la « colline qui prie ». Côté immobilier, le quartier abrite quelques maisons de ville du XVIIe siècle, une poignée d’immeubles bourgeois du XVIIIe siècle, ainsi que, çà et là, des maisons et résidences construites dans la seconde moitié du XXe siècle. C’est toutefois la période de la Révolution industrielle qui a laissé l’empreinte la plus visible sur l’urbanisme et l’architecture de cet arrondissement, aménagé comme une sorte de ville nouvelle dédiée à l’industrie de la soie entre 1815 et 1850. Très haut et atteignant souvent 7 étages, l’immeuble canut typique se compose d’une superposition de logements-ateliers, dont l’architecture reflète l’austérité fonctionnelle recherchée à l’époque : des façades lisses non décorées et percées de nombreuses grandes fenêtres occultables par des jalousies, des stores à lamelles de bois dissimulés derrière des lambrequins en journée. Avec leurs teintes chaudes (jaunes, roses, oranges…), les façades donnent à la Croix-Rousse des petits airs d’Italie lorsque le soleil se lève. À l’intérieur des immeubles, les appartements ont été conçus pour s’adapter aux contraintes des ouvriers et accueillir les métiers à tisser. Ils se distinguent par leur très grande hauteur sous plafond (environ 4 mètres) et leurs poutres apparentes. Si certains d’entre eux ont été reconvertis en lofts, d’autres ont conservé leur aménagement d’origine avec des chambres situées dans une mezzanine au-dessus d’une cuisine. Spacieux, lumineux, fonctionnels et offrant parfois des vues magnifiques sur Lyon, ces logements sont aujourd’hui prisés d’une population relativement aisée de cadres et de professions créatives et intellectuelles. Car loin de l’ambiance contestataire des grandes révoltes ouvrières du XIXe siècle, ce quartier autrefois pauvre et mal fréquenté est aujourd’hui largement gentrifié et affiche des prix du m2 élevés. Il constitue même le cœur du Lyon bourgeois-bohème, où l’on croise plus de trentenaires branchés et de poussettes Yoyo que partout ailleurs dans la ville. Il faut dire qu’au-delà de son offre immobilière originale, la Croix-Rousse et son ambiance de village ont de quoi séduire ! On y trouve pléthore de commerces de bouche et de proximité, un grand marché quotidien, ainsi que de nombreux restaurants et cafés avec terrasses. Connu pour sa vie associative ultra-dynamique, ce quartier familial compte aussi beaucoup de petits squares et parcs avec des aires de jeux pour enfants, comme le parc de la Cerisaie qui dispose même d’un parcours de santé et d’orientation. À cela s’ajoutent des crèches, 17 écoles publiques et privées et 8 collèges et lycées, dont le très réputé collège Les Chartreux-Saint-Charles ou le lycée Saint-Exupéry. Avec tous ces avantages, vous comprendrez pourquoi les Croix-Roussiens sont si fiers de leur arrondissement et cultivent jalousement leur particularisme. Et si certains diront que ce quartier en hauteur est un peu isolé du reste de la ville, les locaux vous répondront qu’ils peuvent aisément rejoindre le centre en bus, ou en métro via la ligne C.